Les rescapés de la sécheresse, 1936

Les rescapés de la sécheresse, 1936

Les rescapés de la sécheresse, 1936

Origine et date: 
États-Unis, 1936
Artiste(s): 
1898
1994

Huile sur toile
76,5 cm x 122 cm
Inv. JP 896 P
Dépôt du Musée National d’Art Moderne


Né en 1898 à Memphis, dans le Missouri, Alexandre Hogue passe son enfance à Denton, au Texas, et fait ses études à Dallas. De 1921 à 1925, pour subsister, il s’adonne à la calligraphie publicitaire à New York. Il enseigne ensuite dans les écoles d’art de Denton (1931-1936) et de Dallas (1936-1942), puis à l’Université de Tulsa, dans l’Oklahoma, de 1945 à 1968. En 1984, dix ans avant la mort de l’artiste, le Philbrook Art Center de Tulsa organise une grande rétrospective de son œuvre.

Peintre régionaliste, Alexandre Hogue exécute entre 1933 et 1936 une série de six toiles illustrant le Dust Bowl. Catastrophe écologique qui sévit pendant près de dix ans dans les États du Middle West, le Dust Bowl coïncide avec les années difficiles qui suivirent le krach de Wall Street en 1929. Le cœur agricole des Etats-Unis fut ravagé par la sécheresse et par de terribles tempêtes de poussière qui détruisirent les récoltes, ensevelirent les habitations et le matériel agricole, et jetèrent des milliers de fermiers sur les routes en direction de l’Ouest californien. Dans son roman Les raisins de la colère, John Steinbeck décrit de façon poignante cette période noire de l’histoire américaine.

Les rescapés de la sécheresse est probablement le plus célèbre tableau de la série. Le verdoyant paysage primitif a laissé place à un désert de sable que le vent sec et chaud a sculpté de dunes. Le tracteur à demi enfoui, la clôture rompue, suggèrent la disparition de toute activité humaine. Les cadavres des bovidés, l’arbuste privé de sève évoquent la mort d’une contrée jadis florissante. Dans sa lutte permanente contre les éléments hostiles, l’homme a été vaincu : la nature a repris ses droits comme en témoignent le reptile et le petit rongeur, les seuls survivants de cette sécheresse exceptionnelle. Alexandre Hogue a inscrit cette fragilité des œuvres humaines dans un paysage irréel dont la terrible beauté est chargée d’une forte intensité émotionnelle.