Portrait de Peggy Guggenheim, 1926

Portrait de Peggy Guggenheim, 1926

Portrait de Peggy Guggenheim, 1926

Origine et date: 
1926
Artiste(s): 
1898
1993

Huile sur toile
100 cm x 65 cm
Inv. MNB CFA a 85-1


Amateur d’art enthousiaste, collectionneur éclairé, mécène, Peggy Guggenheim (1898-1979) est étroitement mêlée à la création artistique du XXe siècle. Petite fille d’immigrés - l’Allemand Seligman, couvreur enrichi dans la banque, et le Suisse Guggenheim, colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre -, elle hérite d’une fortune colossale à la mort de son père, disparu en avril 1912 dans le naufrage du Titanic. Esthète au goût sûr et au discernement remarquable, ses goûts et sa formation ne la portent cependant pas au-delà de l’Impressionnisme. En France entre les deux guerres, elle rencontre des artistes et s’ouvre à l’art contemporain ; en 1938, elle ouvre une galerie à Londres, où elle exposa notamment les œuvres du peintre surréaliste Yves Tanguy. Elle utilise l’essentiel de sa fortune à constituer une collection d’œuvres d’art qui représente l’ensemble des courants avant-gardistes qui se sont succédés depuis le début du siècle : Cubisme, Futurisme, Constructivisme, Dada, Surréalisme, art abstrait… En 1941, la guerre la contraint à fuir l’Europe. De retour à New York, elle fonde en 1942 la galerie Art of the Century. Elle y accueille non seulement les artistes européens exilés, et plus particulièrement les Surréalistes - elle est alors l’épouse de Max Ernst -, mais aussi de jeunes artistes américains comme Robert Motherwell, Mark Rothko, Adolf Gottlieb ou Jason Pollock, les chefs de file d’un Expressionnisme abstrait. En 1948, elle revient en Europe et achète le Palazzo Venier di Leoni à Venise pour y installer son musée personnel qui est aujourd’hui le grand musée d’art moderne de la cité des Doges.

Alfred Courmes (1898-1993), que Peggy Guggenheim avait reçu dans sa villa de Pramousquier, près du Lavandou, a brossé son portrait à Paris. L’œuvre marque un tournant important dans l’évolution de cet artiste, admirateur des maîtres flamands et italiens. La jeune femme occupe, sur fond de ciel, les trois-quarts du tableau. A l’arrière-plan, à gauche, on aperçoit la voiture du modèle et sa propriété provençale qui domine la mer. Le sujet est encadré, dans le lointain, par de hauts arbres qui rappellent ceux qui entourent La Vierge au chardonneret de Raphaël.

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