La Revue nègre, 1925

La Revue nègre, 1925

La Revue nègre, 1925

Origine et date: 
France, 1925
Artiste(s): 
1892
1985

Huile sur contreplaqué
100 cm x 76 cm
Inv. JP 69 C 5


Au XIXe siècle, la colonisation a véhiculé en France une image négative de l’homme noir. C’est avec la Première Guerre mondiale que le regard porté sur les Noirs va se modifier. 193.000 Noirs - dont 180 000 tirailleurs sénégalais - sont recrutés par l’armée française. À l’image du sauvage bestial et monstrueux, soupçonné de cannibalisme, se substitue celle du «bon nègre», courageux, sociable et naïf, que la publicité vulgarise à travers les célèbres affiches Banania.

Dans le Paris des années folles, l’esthétique nègre est désormais à la mode. En 1925 est organisée la première exposition d’art nègre, un art qui va influencer considérablement les Fauves et les Cubistes. C’est le peintre cubiste Fernand Léger qui conseille à André Daven, administrateur du Théâtre des Champs-Élysées, de monter un spectacle entièrement exécuté par des Noirs : la fameuse Revue nègre. L’Américaine Caroline Dudley constitue la troupe à New York : vingt-cinq artistes dont douze musiciens - parmi lesquels Sidney Bechet -, et une danseuse vedette, Joséphine Baker (1906-1975).

L’affichiste Paul Colin est chargé de la réalisation de l’affiche de la revue. Joséphine Baker y apparaît dans une robe blanche ajustée, les poings sur les hanches, les cheveux courts et gominés, entre deux hommes noirs, l’un portant un chapeau incliné sur l’œil et un nœud papillon à carreaux, l’autre arbore un large sourire. Cette œuvre est l’une des plus grandes réussites de l’Art déco dans la mesure où les déformations cubistes rendent admirablement le rythme du jazz, nouveau en France à cette époque.

À l’instar de Joséphine Baker et Sidney Bechet, d’autres artistes afro-américains ont séjourné en Europe : des peintres - Loïs Malou Jones, Henry Ossawa Tanner -, des sculpteurs - Augusta Savage, Nancy Elisabeth -, des poètes comme Langston Hughes ou des romanciers comme Claude Mac Kay. Ils trouvent à Paris le lieu où prolonger la «renaissance nègre» de Harlem et y apprécient une société libérale et, par-dessus tout, l’absence de ségrégation.

 

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